Posted in Uncategorized with tags , on December 27, 2011 by chjoan

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Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on October 16, 2011 by chjoan

Later that day the executioner, filled with remorse, reported that in the smoldering ashes he had found her heart, unsinged by the fire.

Jon Heggie, Joan of Arc, Warrior Saint

J’Ai Cru La Rencontrer

Posted in Uncategorized with tags , , , , on October 11, 2011 by chjoan

J’ai cru la rencontrer, ce soir, au bal masqué.

Dans un coin du foyer je m’étais embusqué:

Je la suivais de l’oeil; sa rancontre imprévue

Avait, comme mes pieds, pétrifié ma vue.

Avant qu’en se tournant son oeil ne m’eut trouvé,

Dans un groupe voisin, tremblant, je m’esquivai.

Au bras de son danseur, dans la valse effrénée,

Le rire sur les dents, elle fut entrainée.

Et moi qui la suivais toujours à son insu,

J’épiais ses regards sans en etre aperçu.

Partout, de l’escalier ou de l’amphithéatre,

Je distinguais l’éclat de son grand oeil mulatre;

Car elle allait sans masque, et son front éhonté

Narguait l’hypocrisie et payait de fierté.

Et puis, lorsque j’allais dans la salle où la foule

Comme un ruban sans fin s’enlace et se déroule,

Une écharpe, un camail venaient-ils à froler

Le pan de mon habit, je me sentais trembler.

Et la nuit s’écoula dans cette alternative:

A chaque instant ma vue, incertaine, furtive,

Sur ses grands yeux railleurs craignait de s’arreter:

Je la cherchais toujours pour toujours l’éviter.

Charles Baudelaire

Posted in Uncategorized with tags , , , on October 1, 2011 by chjoan

Cargo Culte

Posted in Uncategorized with tags , , , on September 28, 2011 by chjoan

Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée
Ils scrutent le zénith convoitant les guinées
Que leur rapporterait le pillage du fret

Sur la mer de corail au passage de cet
Appareil ces créatures non dénuées
De raison ces papous attendent des nuées
L’avarie du Viscount et celle du Comet

Et comme leur totem n’a jamais pu abattre
A leurs pieds ni Boeing ni même D. C. quatre
Ils rêvent de hijacks et d’accidents d’oiseaux

Ces naufrageurs naïfs armés de sarbacanes
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant vers l’azur et les aéroplanes.

Où es-tu Melody et ton corps disloqué
Hante-t-il l’archipel que peuplent les sirènes
Ou bien accrochés au cargo dont la sirène
D’alarme s’est tue, es-tu restée

Au hasard des courants as-tu déjà touché
Ces lumineux coraux des côtes guinéennes
Où s’agitent en vain ces sorciers indigènes
Qui espèrent encore des avions brisés

N’ayant plus rien à perdre ni Dieu en qui croire
Afin qu’ils me rendent mes amours dérisoires
Moi, comme eux, j’ai prié les cargos de la nuit

Et je garde cette espérance d’un désastre
Aérien qui me raménerait Melody
Mineure détournée de l’attraction des astres.

“Tu t’appelles comment?”
“Melody.”
“Melody comment?”
“Melody Nelson.”